Adoma (ex-Sonacotra) et Coallia

Bons exemples de «Foyer de travailleurs migrants»

À Montreuil, comme ailleurs, il y a des foyers, mais sans cuisine commune, sans salle de prière et avec une toute petite salle de réunion qui peut contenir 40 personnes, alors que dans un foyer il y au moins 200 chambres, donc imaginez le problème.

Chaque chambre mesure 7 m2, avec un lit, une armoire et un lavabo. On te fournit seulement les draps (lavés tous les 15 jours) et tu paies 460 euros par mois. Normalement tu dois avoir des papiers pour être locataire, mais, par exemple, un gars à la retraite peut faire venir son «neveu»… à condition de payer régulièrement le loyer. Chaque foyer a un gérant qui est là toute la journée, mais ne dort pas sur place la nuit. Il contrôle plus ou moins les entrées, mais de toute façon il faut avoir un badge pour passer la porte.

Dans une chambre de 7 m2, t’as du mal à te faire à manger et les nouveaux foyers ont supprimé toutes les cuisines collectives qu’il y avait avant. Ou alors, comme dans le foyer Lorraine ou le foyer Diderot, ils font assumer la cantine par du personnel extérieur payé par la mairie. Cela casse toutes les solidarités. On voit donc à quoi sert la «communication» (= mensonges de l’État), qui claironne et exalte le «moderne» et l’«innovation».

Quand on cuisine tous ensemble pour les habitants d’un foyer, ce n’est pas du tout la même ambiance. De plus, mobiliser contre les conditions de vie dans un foyer, c’est compliqué: les locataires officiels ne sont pas très militants, et les «invités», sans-papiers, sont plus déterminés mais ne peuvent déclencher un mouvement de lutte sans le soutien de tous.

Ce texte fait partie d’un ensemble d’interviews liées à l’interview de Siby, page suivante. Un autre texte est des Gilets noirs. Il relate la forte présence de travailleurs sans-papiers sur les grands chantiers publics des Jo et du Grand Paris (en particulier Bouygues, stade Adidas Arena). C’est un intéressant témoignage sur l’État esclavagiste contemporain. Faute d’espace, nous ne pouvons pas le publier. Nous nous en excusons, et espérons pouvoir le faire dans un prochain numéro.

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