Coordination 75 des sans-papiers : la scission (août 2011)

Extrait du n° 5 de La Voix des sans-papiers, 23 août 2011

Ce numéro de notre bulletin sort bien méconnaissable par rapport au projet initial.

Depuis fin avril, une crise grave, concernant d’abord le seul collectif du 18e, étendue ensuite à tous les collectifs de la CSP75, secoue I’ensemble de la coordination parisienne formée en 2004, au point d’être désormais sentie de part et d’autre comme une scission véritable.

Quand l’idée de ce numéro a été lancée, il a été proposé et accepté par les deux parties selon ce plan de principe: 1) aller au-delà de l’événement brut pour en saisir les raisons de fond, 2) présenter les positions des uns et des autres «en regard», sur une page celles du «côté Sissoko», sur la page d’en face celles du «côté Danfakha», ou vice versa, et ainsi de suite.

Nous espérons ne pas avoir entièrement failli au premier point. Mais, pour le second, il en va tout autrement.

Le côté Danfakha avait d’abord (28 juillet) accepté et salué ce projet, et un premier rendez-vous collectif de travail avait été fixé au mardi 2 août. Mais deux jours avant, un mail nous avertissait qu’«on se fixera un autre rendez-vous plus tard». Finalement, le dimanche d’après (7 août), à une réunion de leur groupe, Drame et Danfakha nous ont annoncé qu’ils refusaient toute contribution au journal. Vaine a été toute tentative de les convaincre.

Que faire ? Mieux vaut une information incomplète, que pas du tout d’information. L’assistance a alors été avertie que le travail d’interviews et de rédaction des articles était, côté Sissoko, bien avancé, que donc le journal paraîtrait avec les seules positions de cette partie. La réponse a été que la leur se réservait un «droit de réponse» (Dramé), bien improbable, vu le caractère épisodique de notre publication : ceci a été exprimé de manière appuyée, au cours de la tentative de persuasion.

C’est donc largement incomplet que paraît ce numéro de La Voix des sans-papiers. Il y a là une situation subie, contraire à notre volonté, voulue par d’autres pour des raisons inexpliquées. Mais il s’en trouvera qui nous accuseront quand même de «prendre parti»… Eh bien voilà, c’est déjà fait : avant même que le journal ne sorte. Et du côté d’où on se l’attendait le moins.

La FASTI ne saurait être trop remerciée d’avoir été la seule association parisienne à appuyer publiquement l’occupation de la Bourse du travail par les sans-papiers de la CSP75, et d’avoir, depuis, durant trois ans, mis ses locaux et son matériel à la disposition des publications qui se sont succédé.

Seulement voilà : alors que la plupart des articles de ce numéro étaient rédigés et que la composition allait commencer, par lettre du 11 août remise le jour même (adressée aux «membres des collectifs de sans-papiers»), la FASTI nous a annoncé qu’elle n’entendait «pas prendre position pour l’une ou l’autre des parties» : en conséquence notre publication devait cesser de se servir du matériel de l’association.

Vaines ont été nos protestations d’indépendance et autonomie du journal par rapport à quelque collectif que ce soit, vains nos arguments touchant l’information correcte : différence entre information partielle (incomplète) et partiale (qui prend parti): c’est en faisant obstacle à l’information de se faire et circuler, qu’on «prend position», même sans le vouloir. En l’occurrence, pour ceux opposés à la parution du journal.

Et c’est pourquoi ce numéro, réalisé en plein mois d’août avec des moyens de fortune, paraît avec une semaine de retard.

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