Populations sinistrées par l’Etat

Extrait du numéro de La Voix des sans-papiers du 26 octobre 2011

Le cas du Mali est un modèle. Le mélange explosif formé par les multinationales, les grandes institutions internationales (Banque mondiale, FMI) et l’État national a fait tous les ravages qu’il pouvait, pour exploiter l’or : destruction de l’environnement, désolation des terres, dévastation des populations. Ce n’est pas l’or en tant qu’or la calamité, ce sont les conditions générales de sa production rentable. Ces conditions sont assurées par l’État – les populations sinistrées le sont avant tout par l’État.

Du désastre qui menace l’existence même des villages témoignent toutes les voix qui parlent dans ce numéro du journal. Les paysans sont expropriés de leurs droits collectifs sur leurs terres ancestrales, des bases de leur vie matérielle et culturelle. Ces populations (dites, encore récemment, «sans histoire» par les Occidentaux) sont riches d’une histoire non seulement multiforme, mais surtout différente. Revendiquer, contre l’État, des droits ancestraux inaliénables sur la terre, c’est revendiquer cette différence, donc la possibilité d’un avenir et d’un développement différents.

Sur le désastre qui frappe l’existence des ouvriers embauchés dans les mines apporte un témoignage la pétition des grévistes de la mine de Morila (Sud-est du Mali). SOMADEX est le sigle de «société malienne d’exploitation», Bouygues est la société française bien connue. Le manque d’espace nous permet une seule remarque. La mine de Morila a été fermée, celle de Loulo a été ouverte. La SOMADEX a fait peau neuve, pris le nom de Mars – la société minière à l’origine des émeutes de Loulo en 2009…

À la mine d’or de Morila, dans le Sud du Mali, 530 mineurs employés par la société malienne Somadex, filiale de Bouygues, sont contraints à une grève ouvrière illimitée, radiés de leurs droits, sans autorisation de l’inspection du travail. Leurs familles restent privées de revenus, d’accès aux soins et d’éducation.

Tombé à point nommé, l’incendie de deux bus au sein de la gendarmerie a permis de justifier l’accusation et l’emprisonnement de 32 mineurs innocents ; 9 d’entre eux sont encore incarcérés à la maison d’arrêt de Bougouni depuis le 14 septembre 2005. Tous ces faits sont aussi l’œuvre de la Somadex.

Les raisons de la grève sont légitimes : contrats falsifiés, conditions de travail inacceptables : salaires, primes de rendement, heures supplémentaires et congés non payés, accidents de travail non pris en compte, licenciements abusifs, propos racistes et discriminatoires des expatriés français et cadres supérieurs africains, etc.

Les conséquences sociales et environnementales sont alarmantes : promesses non tenues concernant le développement des villages, construction de moulins, puits et barrages non fonctionnels, mare d’épandage des eaux usées de la mine, pollution des sols au cyanure et à l’arsenic, morts de troupeaux de moutons intoxiqués, etc.

Nous appelons toutes les forces syndicalistes, progressistes, tous les mouvements citoyens, les défenseurs des droits humains, à la pression internationale sur la multinationale Bouygues pour : la réintégration des 530 mineurs dans l’entreprise Somadex aux postes qu’ils occupaient ;  la libération immédiate des 9 détenus et l’abandon des poursuites injustifiées à leur encontre ;  la réouverture de réelles négociations pour l’amélioration des conditions de travail et aes salaires et sur le respect de l’environnement.

Populations sinistrées par l’Etat

Extrait du numéro de La Voix des sans-papiers du 26 octobre 2011

Le cas du Mali est un modèle. Le mélange explosif formé par les multinationales, les grandes institutions internationales (Banque mondiale, FMI) et l’État national a fait tous les ravages qu’il pouvait, pour exploiter l’or : destruction de l’environnement, désolation des terres, dévastation des populations. Ce n’est pas l’or en tant qu’or la calamité, ce sont les conditions générales de sa production rentable. Ces conditions sont assurées par l’État – les populations sinistrées le sont avant tout par l’État.

Du désastre qui menace l’existence même des villages témoignent toutes les voix qui parlent dans ce numéro du journal. Les paysans sont expropriés de leurs droits collectifs sur leurs terres ancestrales, des bases de leur vie matérielle et culturelle. Ces populations (dites, encore récemment, «sans histoire» par les Occidentaux) sont riches d’une histoire non seulement multiforme, mais surtout différente. Revendiquer, contre l’État, des droits ancestraux inaliénables sur la terre, c’est revendiquer cette différence, donc la possibilité d’un avenir et d’un développement différents.

Sur le désastre qui frappe l’existence des ouvriers embauchés dans les mines apporte un témoignage la pétition des grévistes de la mine de Morila (Sud-est du Mali). SOMADEX est le sigle de «société malienne d’exploitation», Bouygues est la société française bien connue. Le manque d’espace nous permet une seule remarque. La mine de Morila a été fermée, celle de Loulo a été ouverte. La SOMADEX a fait peau neuve, pris le nom de Mars – la société minière à l’origine des émeutes de Loulo en 2009…

À la mine d’or de Morila, dans le Sud du Mali, 530 mineurs employés par la société malienne Somadex, filiale de Bouygues, sont contraints à une grève ouvrière illimitée, radiés de leurs droits, sans autorisation de l’inspection du travail. Leurs familles restent privées de revenus, d’accès aux soins et d’éducation.

Tombé à point nommé, l’incendie de deux bus au sein de la gendarmerie a permis de justifier l’accusation et l’emprisonnement de 32 mineurs innocents ; 9 d’entre eux sont encore incarcérés à la maison d’arrêt de Bougouni depuis le 14 septembre 2005. Tous ces faits sont aussi l’œuvre de la Somadex.

Les raisons de la grève sont légitimes : contrats falsifiés, conditions de travail inacceptables : salaires, primes de rendement, heures supplémentaires et congés non payés, accidents de travail non pris en compte, licenciements abusifs, propos racistes et discriminatoires des expatriés français et cadres supérieurs africains, etc.

Les conséquences sociales et environnementales sont alarmantes : promesses non tenues concernant le développement des villages, construction de moulins, puits et barrages non fonctionnels, mare d’épandage des eaux usées de la mine, pollution des sols au cyanure et à l’arsenic, morts de troupeaux de moutons intoxiqués, etc.

Nous appelons toutes les forces syndicalistes, progressistes, tous les mouvements citoyens, les défenseurs des droits humains, à la pression internationale sur la multinationale Bouygues pour : la réintégration des 530 mineurs dans l’entreprise Somadex aux postes qu’ils occupaient ;  la libération immédiate des 9 détenus et l’abandon des poursuites injustifiées à leur encontre ;  la réouverture de réelles négociations pour l’amélioration des conditions de travail et aes salaires et sur le respect de l’environnement.

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